Avant tOut...

Ceci est un récit.

Une histoire totalement imaginée par mOi, qui se passe à notre époque, à New York.
Les personnages sont inspirés de moi, de mon entourage, de tout et n'importe quoi.

Copyright donc.
C'est l'histoire de Pandora, une jeune fille de treize ans à peine, qui sort de l'enfance. Elle découvre la vie...À ses risques et périls...

Bonne Lecture...

# Posté le lundi 18 décembre 2006 20:30

1.

1.
Mardi 19 Décembre 2006, environs une heure et demis du matin.

Dans ma petite chambre, accoudée à la fenêtre, je scrute le ciel d'un noir d'encre.
Hier, s'était mon anniversaire.
J'ai maintenant treize ans. Je suis une "teenagers" comme dit si bien Bella, ma meilleure amie. Elle à quinze ans, elle. Elle est belle. Je pourrais parler des heures d'elle. Mais bon.
C'est moi, l'héroïne de cette histoire.
Je m'appelle Pandora, j'ai treize ans donc depuis hier. Je suis pas très jolie, mais ça va. J'ai de longs cheveux, genre baguettes tellement ils sont droits, d'un châtain clair-foncé très...clair-foncé, à vrai dire. Mes yeux sont verts d'eau. Mouais.
Ma mère, mon grand frère de dix-sept ans et moi, on vit dans une belle (bien que petite) maison, dans un quartier calme de New York.
Je suis tout à fait banale.
Mais bon.
Accoudée donc à ma fenêtre ouverte, je regarde le ciel. Ça m'a toujours fasciné, le ciel. C'est...Infini. Une boucle parfaitement fermée, circuit irréversible. J'aime. C'en est tellement grand que j'ai le tournis.
D'habitude, la nuit, je dors. Mais pas aujourd'hui. Je veux voir le soleil se lever. Mais je sais que c'est dans un petit moment.
J'abandonne ma fenêtre pour m'étirer, et descendre sur la pointe des pieds l'escalier craquant. J'ai toujours soif la nuit. C'est la vie, que voulez vous. J'entends ma mère qui parle dans son sommeil. Ça me rassure, étrangement. Je déteste le silence. Le silence, c'est le rien. Le rien, c'est la mort. La mort, c'est flippant. Vous l'aurez deviné, je panique totalement à l'idée de crever un jour. Le pire, c'est que, contrairement à toutes mes amies, je ne crois pas en Dieu. Je ne peux donc m'imaginer un magnifique Paradis Idyllique après la mort. J'ai essayé, pourtant. Mais à l'église, je ne peux m'empêcher d'allumer tout les cierges, de papoter avec Bella pendant le sermon du Dimanche.
La religion m'emmerde à un point...Après la vie, la mort, après la mort, ben la vie continue, mais sans vous. Fin, merci, au revoir.
Non j'rigole. J'allais pas vous laisser tomber comme ça, non?
Donc. Je disais.
Après un verre d'eau glacée, qui continue à me brûler les entrailles, je vais dans mon lit.

Ce soir, je vais dormir.

Bien à vous...

PandOra./

# Posté le lundi 18 décembre 2006 20:49

Modifié le mardi 19 décembre 2006 18:37

2.

2.
Mercredi 20 Décembre, 18h30.

Bella me regarde. Elle sourit. Aujourd'hui, je me suis maquillée. En cachette, bien sur. Si ma mère le voyait, elle me priverait de sortie jusqu'à mes dix-huit ans. Et oui, c'est ça d'avoir une mère très conservatrice.
Mes yeux sont soulignés d'un trait fin de crayon noir, et ma bouche brillante de gloss. Je sais bien que les gloss c'est pas super, mais pour une anorexique des lèvres comme moi, c'est mieux. Bella à mis son joli jean troué, et ont voit son string fluo qui dépasse. Elle adore le faire claqquer sur ses hanches, et lançant des "hihaaaaaaaaa!" stridents. Moi, ça me fais rire à chaque fois, et elle aussi.
Les cours sont finis, et nous sommes devant le HardRock Café, un petit bistrot "francey", ambiance rock n' roll. Bella allume sa clope, et tire dessus. Je la regarde faire, en souriant ; Elle est tellement belle, lorsqu'elle recrache le surplus de fumée par la bouche, doucement, des volutes de fumée grise bleutée...

"Ben quoi, j'ai un nez en trop?"

Je rie. Je la regarde, et elle, elle fixe le sol, avec un léger sourire. Je passe mes deux mains sur ma nuque, pour dégager mes longs cheveux. Le silence s'installe...Je hais le silence. Au moment où j'ouvre la bouche pour dire quelque chose, j'entends une voix rauque derrière moi :

"Bellatrix ? bella?"

Ma chère amie se retourne vivement, et son visage s'est d'un coup illuminé. Je me suis retournée aussi, et un grand mec, à la peau mat et habillé façon rasta (Dreads, gros fut', godasses de skate, sweat Bob Marley...) se dressait derrière notre banc. Il regardait Bella avec envie, et joie de vivre. Il faut dire que Bellatrix porte bien son nom : Ses yeux gris aciers, ses traits délicats et fins, sa longue chevelure d'un noi intense...En plus, elle s'habille super bien : Doc Marteens, collants rayés, jean troué et décoré au marker, et hauts défoncés. Moi, à côté, je fais tâche, dans ma salopette beige, et mon tee-shirt à manches longues noir et blanc.
Les voilà qui commencent à papoter : Le mec, dénommé Juan, parle d'une bande qui l'attends au squat', et qu'elle peut venir, et blablabla...Bella dit oui avec enthousiasme.
Bon. Je suis de trop, il est temps que jme tire discrètos.

"Hey, attends, c'est qui la fille là?"

"Hein? Oh, c'est Pandora...Pandou, tu veux venir?"

Bien sur que je veux venir! Mais Juan n'a pas l'air enchanté. Je le comprends, en même temps : Je suis amie avec Bella seulement depuis deux mois. Alors je sort un baratin genre que je veux pas m'incruster, et que de totues manière, j'ai...

"Mens pas, Pinnochio, ton nez s'allonge. Allez, ramène ton cul par là, j'vais te présenter à la bande..."

Bellatrix m'attrape par les hanches et me tire vers elle en riant. Juan nous montre une vieille caisse, et nous montons dedans. J'adore les vieilles voitures. Je trouve ça plus classe que des trucs neufs, voyants et tout.
Après quelques minutes à rouler à cent à l'heure sur une petite route, je vois une vieille maison, qui devait être condamnée avant, se dresser face à moi. Bella sort du carrosse, et je vois sortir de la baraque cinq personnes : quatre mecs, une fille. Et d'un coup je me sens très, très con. Ils sont tous punk ou genre métaleux, enfin, les mecs sont punk et la fille est style gothique. Ils me regardent bizarrement...Ma belle amie pousse un cri de guerre, et leurs saute aux cou. Ensuite, elle pense me présenter. Elle se ramène vers moi, et me lance un clin d'oeil complice.

"Alors, je vous présente Pandora, dite Pandou, Pandy, Pan-Pan...Elle à treize ans. Pandou, voici Mal' (la métaleuse, avec des larmes de satan, les cheveux noirs zébrés de blancs, et en mini robe gothique), Josh (un punk d'environs dix-huit ans, avec une putain de crête iroquoise teinte en verte), Chris (un autre rasta, mais blanc et avec les dreads courtes) et Mister Jack."

Ouaille. Coup de New Rock dans les tripes. Mister Jack est...Wah. Grand, le visage maigre, un bouc, des tresses sur l bouc, les cheveux longs, très longs, d'un brun clair-obscure...ni punk, ni métaleux, ni rasta. Il à les yeux barbouillé de maquillage, et sa peau est dorée. Il a des doc's, et une jupe pour mecs, en cuir, toute destroy. Son tee-shirt est tout troué de partout, recousu main et tout...
Je retrouve rapidement mes esprits, et je fais genre tout va bien.

La soirée par vite en live. Bella à négocier avec ma mère, en racontant n'importe quoi, genre je dort avec elle chez sa cousine et tout...Genre demain ya grève...Alors que je vais passé la journée chez eux,dans le squat'. J'ai déjà mentis à ma mère, mais genre en disant que je vais travailler un exposé chez Bellatrix, et en fait on fait la fiesta. Mais rien d'autre. Là, c'est...Excitant. Il est minuit et demis, ils sont tous bourrés. Moi, j'ai eu le droit à une petite bière, mais rien d'autre. Mister Jack joue de la gratt', tandis que Bella et Juan se roulent des pelles. Les autres délirent. Et moi, au milieu, en train de boire à petites gorgées ma Kro. Ils m'oublient. Mais, à ce moment, Jack s'affale près de moi...Je sens mon coeur qui bat...Qui explose dans ma poitrine...Boum-Boum-boum... Il sort un joint.

"Tu veux...?"

J'ai jamais fumer, alors je refuse gentiment. Et voilà le pét' qui circule. Je me sens un peu exclue...Mais c'est trippant à regarder, en tout cas!


Il est trois heure du matin quand Bella décide d'éteindre son mp3, où on avaient branchés des enceintes. Le bruit de la musique punk s'évapore, et on tombe tous de fatigue. Je m'écroule à moitié sur le canapé défoncé...Je suis...Fatiguée...Tellement...Fati...



À SUIVRE...

# Posté le mardi 19 décembre 2006 18:33

Modifié le vendredi 22 décembre 2006 16:35

3.

3.

25 Décembre 2006.

Je sais, beaucoup de temps (quelques jours) se sont écoulés depuis la petite fête. Le lendemain tout le monde s'est réveillé la tête dans le brouillard, Malicia et Jack sont allés "faire une course" et on s'est mangés un brunch coca/vodka/pizza (sans la vodka pour moi). Ils ne m'aiment pas vraiment, parce que je suis trop jeune pour eux, et qu'ils doivent pas prononcés le mots "drogues", "sexe", ni rien qui pourrait sois-disant me choquer. Les autres jours ont étés d'un banal affligeant, donc je vous passerais les détails.
Je suis dans mon lit, lovée comme une princesse, et je regarde mon plafond. Hier, s'était le réveillon. Comme d'habitude, on a priés, puis on est allés au restaurant français du coin. C'est aujourd'hui que le Noël intéressant commence. Dès que je me déciderais à bouger mon cul en bas, je découvrirais trois cadeaux au pied du sapin. Un de ma mère, un de Tom, mon frangin, et un venant de chicago de la part de mes grands-parents maternels.
Enfin, je me sors du lit. D'un pas lourd, je sors de la piaule, sans oublier de prendre mes chaussons, qui sont en fait des chaussons de danse (pas le truc pour faire des pointes, naturellement.). Je descend l'escalier, pour arriver dans la cuisine. Enfin, près être passé devant la chambre à ma mère, je débarque dans le salon. Tom à déjà ouvert ses présents, le CD d'Eminem, des converses beiges et cinquante Dollars. Ma mère s'extasie devant un crucifix en argent que mon frère et moi on lui à payé, et porte un foulard en soie autours du cou.

"Allez, Pandora chérie, ouvre!"

Soupir d'exaspération. Ma mère sort l'appareil numérique et dirige l'objectif vers moi. Je prends le plus gros des paquets, celui de mes grands-parents. En ouvrant le papier bleuté, je découvre une horrible robe rose à carreaux, genre Sweet Lolita, ou je ne sais quel nom bizarroïde.

"Ouah super...T'a prévenu Mamie que j'avais plus cinq ans?"

"Voyons, sois heureuse de recevoir un tel cadeau, Pandora! Chaque jours que Dieu fait sont à..."

"Ça va je sais."

Je déteste quand ma mère commence à délirer ainsi. C'est n'importe quoi. Enfin bref. Je prends le cadeau de mon frère, et déchire l'emballage. Ah, quand même. Lui, il m'offre un couteau suisse. J'éclate de rire.

"Merci!"

"De rien soeurette."

Znfin, je prends mon dernier cadeau, une petite envelope. Elle contient cent dollars. Je crois m'étouffer.

"Oh, merci maman! Merci, merci, merci!"

Ma génitrice me sourit en m'enlaçant.


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Après cette séance cadeaux, je monte en haut pour me laver. Devant la glace murale, je me regarde d'un ½il critique. Mes cheveux filandreux sont trop longs, gras et emmêlés. Mon front est acnéïque, et mon nez, qui à une petite bosse, est couvert de points noirs. J'attrape la crème contre les boutons et m'en applique une bonne couche. Mon visage est maintenant poisseux, à l'effigie de ma chevelure. Je vais vers la baignoire et fais couler de l'eau chaude à torrent. Des volutes de vapeur s'élèvent. Enfin, après avoir enlevée mon pyjama, j'entre dans l'eau. Ma peau rougis au contact du liquide brûlant.

Je sors de l'eau. L'air est chargé de vapeur, et le miroir couvert de buée. Je soupire, tout en m'appuyant contre le rebord du lavabo.


_________________________________

-Hey, Pandora, tu viens, on va au skate-parc, cet aprèm'."

-On?"

Bella me regarde un instant, puis soupire.

-Ben oui, avec Mal', Jack, Josh et tout..."

Je m'adosse contre la porte en soupirant. Je la regarde d'un air démoralisée. Je ne me sens pas du tout à l'aise avec eux, ils ne m'aiment pas. Et j'aime pas qu'on même pas.

-Ils me trouvent trop petite, trop sans style, trop..."

Bella se mord la lèvre, ce qui confirme mes dires. Je m'apprête à retourner chez moi, quand son visage s'illumine.

-Tu va voir, on va les bluffés. Je vais te faire une beauté."

________________________

J'en reviens pas. Le résultat est...Ouah.
Bella m'a entraînée chez elle, m'a assise sur une chaise et a sortit une trousse à maquillage impressionnante de par sa taille et son contenu.
Bella, artiste dans l'âme, a pris un fond de teint un peu plus pâle que ma peau naturelle, m'en a appliquée sur chaque centimètres carrés de mon visage de manière égale. Après elle a pris un crayon noir et m'a appliqué une bonne dose sous et à l'intérieur de ½il, puis avec l'Eye Liner, elle m'a fait le dessus de la paupière. Elle a ensuite pris du fard à paupière de couleur noir bleuté, pour m'en mettre. Pour finir, elle m'a foutu du gloss rouge sang. Elle a troquer mes deux petites perles aux oreilles contre une épingle à nourrice et un petit virus rose et noir électrique. Mes cheveux lâches et raides se sont transformés en deux couettes hautes, et mon amie m'a bouclée deux mèches devant.

-Tiens, met ça."

Je me retourne, en décrochant mon regard de la glace. Bellatrix me tends un petit tas de fringues : Des collants rayés noir et bordeaux, un pull très, très moulant noir et un débardeur pourpre, ainsi qu'un tutu de ballerine couleur ébène.

-Tu...Tu veux que je les mettes?"

Bellatrix me regarde comme une martienne. C'est vrai que ma question était stupide.

-Ben oui, patate! "

J'avais peur que ça fasse très "planche à pain", mais ça va. En me regardant dans le miroir, je ne vois plus Pandou, la petite gnome de treize ans, mais Pandora, une jolie adolescente.

-Mortel..."

Bellatrix m'apporte sa vieille paire de Doc Marteen. Je sens mes mains trembler.

-Bella...Merci, merci, merci. C'est...Super. Je t'adore."

-De rien, Choup'. Allez, viens, Juan viens nous chercher."

Merde. Je les avaient oubliés, eux. Mais déjà, mon amie m'entraîne dehors. Juan regarde tout d'abord Bella, puis tourne son regard vers moi. Il ouvre de grands yeux. je sens ma peau rougir sous le fond de teint.

-Ouah...c'est Pandora, ça? Putain, j'en reviens pas!"

Oui, "ça", c'est moi. Merci, c'est gentil.

-Tu sais quoi, Bella? Je vais vous laissez. Le 'ça' se rebarre chez lui."

Je leurs adresse un sourire ironique. J'ai les jambes qui tremblent. je viens d'envoyer chier ma meilleure amie et son mec! Mais je ne peux revenir en arrière. Je repars, d'un pas que j'essaye de rendre digne. Ma vue se trouble. Qu'ils ne m'acceptent pas, je veux bien. Mais je ne supporterais pas qu'on me critique. J'essaye de de m'intégrer, et eux, ils se foutent de ma gueule. Je les détestes. Je...

-Attends! Pando, reviens!"

C'est la voix de Bella. Elle m'arrête, essoufflée.

-Le prends pas mal, s'était un compliment."

-Donc en gros, avant, j'étais une pauvre conne, petite et stupide, mais maintenant, Ouah, chui trop dark, chui trop true-rebelle!!! Maintenant, je vaux quelque chose, ouais...C'est que du maquillage, je l'enlève quand je veux!! T'es amis, ils s'en foutent de moi. Ce qu'ils veulent, c'est d'avoir des gens qui ont un style super rebelle. ils se trouvent supérieurs parce qu'ils ont des tonnes de maquillage et un t-shirt Bob Marley! Ils se foutent totalement de savoir ce que tu es, la preuve, personnes ne m'a parlé, la dernière fois! Je suis petite, mais je peux gueuler à tout le monde combien je vous EMMERDES!!!"

Bella me regarde étrangement. Moi, je sens quelque chose sur ma joue. C'est une larme. Une larme mêlée de crayon, de noir. Une larme qui laisse une traînée grisâtre sur ma joue faussement blanche. Une, puis deux, puis trois. Puis un torrent de larmes. je me sens étreinte par ma meilleure amie. Je sens mon souffle saccadé qui sort d'entre mes lèvres pour se cogner dans la chevelure platine de ma blonde préférée. Je sens aussi qu'on nous observe. Je me retourne vivement, et vois Juan, qui me regarde comme si il me voyait pour la première fois.

-Vous venez, les filles? Le carrosse vous attends."

Je ne prends même pas la peine d'enlever le maquillage. Je monte silencieusement. Bellatrix est restée derrière, avec moi, pour une fois. J'ai pas mis ma ceinture, et j'ai posé ma tête sur ses genoux. Elle, elle me caresse les cheveux.
Enfin, on arrive. Je descend en première. J'ai détaché mes cheveux, qui retombe sur mes épaules en un fatras de noeuds. Malicia et les autres nous attendent sur une passerelle de skate, tout en haut, là où le skateur s'élance. Quand ils nous aperçoivent, ils descendent par l'échelle.

-Ah bah enf..."

Elle viens de voir ma tête. Je serre les poings, et lui adresse un sourire ironique. Je passe devant tout le monde, sans les regarder, puis je monte sur le tremplin où ils étaient perchés. Je les voient qui discutent, pas la peine de se demander de quoi. De qui, plutôt. Puis ils me rejoignent.
Le silence est lourd. J'ai envie de faire un truc très con. Je regarde en bas.

-On est à combien de mètres du sol?"

ils me regardent bizarrement.

-Cinq mètres. Pourquoi?"

Je lui adresse un sourire, puis je fais le signe peace.

-À tout à l'heure!"

Je me laisse glisser, la tête la première, sur la surface lisse et arrondie de la palissade. J'entends leurs cris de frayeur. Je vais super vite, et je souris béatement. Arrivée en bas, je me relève, en chancelant. Je les entends qui m'acclame. Ils descendent les uns après les autres, pour me rejoindre. Jack a mal calculé son coup, et me fonce dessus, pour l'éviter, je me jette sur le côté, justement au même moment où Malicia finit de glisser. Nous nous tombons dessus, et les autres éclates de rire. Moi aussi.


_____________________________

-Oh, mon dieu! Pandora!"

Ma mère s'affole. Il faut dire que mon maquillage est toujours présent, et que mes vêtements aussi, et surtout que je me suis fendue la lèvre, après qu'on est chahutés au Skate-park. Mais Juan à un oeil au beurre noir, et Mal une bosse sur la tête. Maman s'agite autours de moi. Me touche.

-Lâches-moi, maman! Je vais bien, c'est un accident!"

-NON, ça ne va pas bien!! Tu es habillée comme...Comme une traînée! Et...Et se maquillage ridicule...C'est pathétique, chérie!! Va te laver!"

Je me défends comme je peux. Mon frère et ses potes nous regardent, amusés.

-Tiens, Pandy-Panda, tu deviens goth? Tu fais comme ta copine la Junkie?"

Ma mère vire au vert.

-QUOI?!!! Qu'elle amie Junkie?! QUI?!!"

-Salaud!! Fermes -là, sale con!!! Tu te crois mieux, avec ta bande de musclor débiles?! Je t'ai vu fumer des joints dans ta chambre, alors va chier!!"

-PANDORA !!! Va dans ta chambre!! Immédiatement!!"

Je lui souris d'un air ironique, et fais le salut militaire. Ma mère devient blanche. Pourquoi? Mon père est un militaire...Tom m'attrape par les épaules.

-Espèce de garce!! Comment oses-tu?!! "

Je suis folle, je n'arrive plus à stopper le flots d'insultes qui s'échappent de mes lèvres.

-Je comprends pourquoi papa s'est engagé!! Il en avait pleins le cul de cette bande de con que vous êtes!! Je vous DÉTESTES!!!!"

Je m'échappe des bras de mon frangin d'un coup de pied mal placé mais bien calculé. Je cours et je monte dans la salle de bain. Les larmes coulent en torrent sur mes joues. Joues rondes, joues ignobles. Joues que je voudrais percer. Visage recouvert d'une couche de gras. Corps enveloppé dans de la graisse.

-SALOPE!!!"

Le miroir se brise. Mon poing est ensanglanté.


A SUIVRE?

# Posté le dimanche 07 janvier 2007 09:52

4.

4.
25 Décembre 2006.

Mes joues ruissellent.
Mon poing aussi.
La pluie cogne ma peau, colle mes cheveux.
J'ai mal...
Il est tard.
plus de vingt-deux heure. Ma mère doit dormir, mon frère lire ses revues pornos.
Et moi, dans tout ça?
En plein New-York. Seule.
Putain, mon poing me fait trop mal...J'ai pas dû me casser un truc. Mais dès que je bouge le moindre doigt, j'ai envie d'hurler de douleur.
J'arrive devant chez Ma Blonde. Il y a de la lumière. Je sais qu'elle est seule. Ses parents sont jamais là. Je monte les marches, unes à unes. J'essaye de ravaler mes larmes. Je lève mon bras gauche, qui tremble comme une feuille. Puis non. Je suis trop stupide pour mériter de m'épargner de la souffrance. J'hésite. Et merde. Je lève le bras droit...Et j'enfonce la sonnette avec un de mes doigts ensanglantés.
Putain ça fait mal!! Je ne peu étouffer le cri de douleur étranglé.

-Qui c'est..."

Bella ouvre la porte. Je vois des gens derrière. Je vois son beau sourire radieux se transformer en une grimace d'horreur.

-Oh, mon dieu, Pandora!! Merde, merde, merde...Qu'est-ce que tu fous ici?!! Et...Putain, tu saignes?!! Oh mon...Merde!! Rentre vite..."

Sans un mot, j'entre. La musique qui résonnait s'était tue. Oh non. Pas eux. Ils sont tous là. Bella me pousse dans un fauteuil. Elle s'accroupit près de moi. Son visage est tendu par l'inquiet.

-Racontes-moi, ma puce."

Je vais tout balancer. J'ouvre la bouche, mais celle-ci se tord immédiatement en une grimace. Le genre de grimace qu'on ne contrôle pas quand ont pleure.
Puis tout sort. Je pleure, je pleure...Ils forment tous un cercle autours de nous, mais je m'en fout. Je sanglote, j'explique comment je me suis broyée la main. Je pleure. Je ne me suis toujours pas démaquillée. Mais là, c'est...Des traces grisâtres. Je ne sens plus mes jambes. Je me suis écroulée au sol.

-Chut...calme-toi, Pando...On est là..."



Je ne sais comment, je me retrouve dans le brouillard. Quand j'émerge, Malicia est en train de me caresser les cheveux. Le soleil est déjà bien haut, même si le temps est gris et pluvieux.
Je ne veux pas mettre fin à ce moment. Je suis tellement bien, la tête sur ses genoux. Mais je sens qu'on s'affaire autours de moi. Je me relève avec difficulté. Mon dos me tiraille. Mon poing. il est couvert de bandages. Je ne vois pas ma mère. Tant mieux. Je vois Bella, Chris, Juan, et les autres. Ils ont l'air soucieux. Ils sont tous autours de la table, chacun une bière à la main. Je les regardes par dessus le dossier du canapé. Puis, avec la démarche d'un fantôme, je me dirige vers la salle de bain. Je suis déjà venue chez Bella.
La salle est blanche. D'un blanc immaculé. Ses parents sont friqués, ils payent une bonne pour nettoyé la maison toutes les semaines. Je veux me laver. Sans savoir pourquoi, je me sens sale. Je fais tourner le verrou. J'entends le cliquetis rassurant qui m'indique que maintenant, je suis totalement à l'abris des regards. Mon coeur s'emballe. Ma respiration s'accélère...Je sais pas pourquoi, j'angoisse. J'ai trop chaud. Je me colle au mur. Envie de me cogner la tête indéfiniment contre ces carreaux glacés trop blancs. Envie...Je ne sais pas...Je veux hurler...
Puis je me retrouve dans de l'eau glacée. Je ne sais pas comment, j'ai atterri dans la baignoire qui est remplie d'eau tellement froide que ma peau devient bleue. Mais je n'arrive pas à en sortir. Petit à petit, je laisse ma nuque lentement glissé sur la paroi. L'eau s'engouffre dans ma bouche entre-ouverte.Elle rentre dans mon nez, couvre mes yeux. Je me sens étouffé. Mais pas à cause de l'eau. J'étouffe dans mon corps. J'étouffe dans ma vie. J'étouffe de moi-même...Je voudrais tout arrêter...

-Pandora !! Pandora !!"

J'entends de vagues cris. Non...Je...Non...
Un bruit sourd. Non...Non! Je relève la tête brusquement, en haletant. Mon souffle est court....Je réfléchis au ralentis...Je les vois, en train de me regarder comme une folle. Je me rends compte de ma nudité. Je me recroqueville d'un coup. Le froid arrive enfin à mon cerveau, le transforme en glace pilée. J'ai mal. J'ai l'impression qu'un étaux de fer enserre ma tête et la comprime.
Je me sens hissée hors de la baignoire. Ils me posent sur le sol. Je tremble, je n'arrive pas à les regarder. Bella me couvre d'une serviette. Je pleure. Espèce de chialeuse. Je me déteste. Grosse conne. Pauvre truie. Qui gémit avant qu'on la saigne.
Je me déteste.


À SUIVRE...

# Posté le samedi 20 janvier 2007 10:07